Jules Hervé-Mathé, artiste-peintre et professeur de dessin (1868-1953)
Didier Béoutis
Né à Saint-Calais-du-Désert (Mayenne), mais installé très jeune à Langres, passionné de dessin et de peinture, élève notamment d’Albert Maignan, Jules Hervé commence sa carrière, en 1891, comme professeur de dessin au collège d’Épinal, où il ouvrira une école municipale de décoration, dont les résultats lui vaudront en 1900, une médaille d’argent à l’Exposition universelle.
Nommé professeur de dessin au lycée du Mans, en 1899, il y restera, jusqu’à sa retraite, en 1933, y assurant un enseignement de haute qualité. Durant la même longue période, il sera, parallèlement, chargé des fonctions de directeur de l’École municipale de dessin. Il développera, de façon très importante, cette école qui deviendra « l’École des arts appliqués Albert Maignan », formant des élèves comme Maurice Loutreuil, Théodore Boulard, et les futurs « Grands prix de Rome » André Bizette-Lindet, Gaston Pauloin et Simone Latron.
Dès 1906, il s’installera, avec son épouse, dans l’hôtel de Vaux qu’il restaurera, devenant ainsi un pionnier de la rénovation de notre vieille ville. En 1908, afin d’éviter toute confusion avec un neveu artiste-peintre, il ajoutera, à son patronyme, celui de son épouse, adoptant, ainsi, le nom d’artiste d’ « Hervé-Mathé ». Veuf, il se remariera en 1920, le couple donnant naissance, à une fille, Juliane (1921-2006), qui sera, à son tour, professeur de dessin et artiste-peintre.
Hervé-Mathé, que l’on peut classer comme paysagiste postimpressionniste est l’auteur d’un nombre très important de toiles, sur des sujets divers (scènes dans le Vieux-Mans, la campagne sarthoise, bretonne, normande, les ports bretons et méditerranéens, la Seine à Paris…).
Il travaille la lumière : les ciels et leurs reflets dans l’eau, saisissant, souvent sur le vif, aurores et couchers de soleil. Les personnages y figurent, mais souvent de façon secondaire. S’il n’a pas « innové » en peinture, ses toiles sont d’une très grande finesse. En septembre 1917, une « mission artistique aux armées » lui aura permis de produire des scènes de soldats, principalement coloniaux.
Hervé-Mathé est, décédé en 1953, âgé de 85 ans. En 1989, son œuvre a fait l’objet, au Mans, d’une exposition rétrospective. Elle a été dispersée, à la suite de plusieurs ventes à l’hôtel des ventes de Bayeux. On peut trouver ses toiles, notamment au Musée des Invalides (les scènes de soldats), aux musées du Mans, de Sablé, Brest, Laval, Langres, Annecy, Le Bourget, Grenoble… Trois reproductions de ses tableaux figurent, à l’initiative des peintres en bâtiment du Mans, sur le pignon d’un immeuble, place de l’Éperon. Il s’agit du seul hommage « public » d’Hervé-Mathé au Mans, dont le nom mériterait, pourtant, d’être donné à une voie, une école ou tout autre établissement municipal.