Les Conférences 2025

Les Conférences

De la rentrée d'octobre au mois d'avril, la Société organise une réunion mensuelle de ses membres, de 14h30 à 17h, dans l'enceinte de l'auditorium de la médiathèque Louis Aragon. Les sujets très variés, qu'un support iconographique agrémente souvent, sont exposés par des conférenciers membres de la Société ou extérieurs, sous la seule responsabilité des auteurs.

 

2025

Vidéo de la Conférence de Christian Ferault

La création des Sociétés d'agriculture sous Louis XV

et

l'Académie d'agriculture de France

 

 

Vendredi 14 novembre

« Voyage au cœur des ondes mystérieuses 

La Télégraphie sans Fil (T.S.F),

la Radio, la Télévision, le radar …..

Comment la découverte de l’onde électromagnétique a révolutionné nos vies.

Un voyage de 150 ans dans l’univers des télécommunications. »

par Jacques Favrot

 

 

1 Le temps des découvertes de l’onde électromagnétique

 

Entre science et mystère, l’onde électromagnétique voyage à travers l’espace. Pourtant, nous ne la voyons pas,et nous ne l’entendons pas. Sa présence est constante, mais sa nature demeure mystérieuse.Elle a révolutionné nos vies. Comment la maîtriser…? Faut-il la craindre ..?

Des précurseurs tels que Isaac Newton (1672), Christian Huygens (1690) et Thomas Young (1801, ont par leurs travaux soulevé des interrogations sur la nature de la lumière et ouvert la voie sur son caractère ondulatoire. Mais n’oublions pas Claude Chappe le Sarthois qui utilisa la lumière naturelle dans ses célèbres sémaphores optiques à partir de 1791.

Au 19e siècle, l’électricité et le magnétisme sont étudiés comme deux phénomènes distincts.

Mais Hans Christian Ørsted en 1820 observe qu’un courant électrique dévie une aiguille aimantée.

C’est la première preuve d’un lien entre électricité et magnétisme.

André-Marie Ampère formalise les lois qui régissent les interactions entre courants électriques et champs magnétiques.

Ses travaux fondent l'électrodynamique en 1820 : pour exemple des fils parcourus par un courant peuvent s’attirer ou se repousser. Michael Faraday en 1821, étudie le comportement d'un courant dans un champ magnétique.

Il découvre ainsi le principe du moteur et de la génératrice électrique, et en 1831 l'induction électromagnétique.

Mais c’est en 1864, que James Clerk Maxwell dévoile le mystère. Il synthétise toutes les découvertes de ses illustres prédécesseurs dans ses célèbres équations. Il prédit l’existence d’une onde capable de se propager dans le vide à la vitesse de la lumière, portée par les oscillations conjuguées d’un champ électrique et d’un champ magnétique.

Heinrich Hertz confirme expérimentalement en 1888 l’existence des ondes électromagnétiques : Il crée des étincelles dans un circuit émetteur. Il observe leur réception à distance dans un circuit récepteur.

Il vérifie que les ondes se propagent à la vitesse de la lumière de 300.000 km/s

 

 

2 Les débuts de la télégraphie sans fil

 

À la suite des découvertes de Hertz sur les ondes électromagnétiques, de nombreux chercheurs et physiciens conçoivent des dispositifs pour les émettre et les recevoir. Les travaux s’étendent de l’Europe à l’Amérique et en Asie. Beaucoup de chercheurs sont décrétés inventeurs de « la télégraphie sans fil ».

Dans le prolongement des travaux d’Édouard Branly sur leur détection, Guglielmo Marconi établit, en 1899, la première liaison transmanche par télégraphie sans fil (TSF) entre Douvres et Wimereux, dans le Pas-de-Calais.

 En France en 1903 le Général Férie sauve la tour Eiffel de sa démolition et l’équipe d’antennes et d’appareils de T.S.F. Ce qui rendra de grands services pendant la 1° Guerre 1914-1918.

Vers 1910, l’émission des signaux radio se fait principalement avec l’émetteur à étincelles (bobine de Rumkorff) et le poste à galène récepteur radio simple et sans alimentation devient très populaire.

La télégraphie sans fil est née : elle s’impose rapidement comme un outil de communication mondial.

 

3 Industrialisation

 

En 1904 Ambrose Fleming invente la diode à vide et Lee De Forest crée la triode en 1906, permettant l’amplification des signaux. Ces lampes à vide vers les années 1920 marquent une étape cruciale dans l’histoire de l’électronique.

Elles transforment la radio en un média de masse et ouvrent la voie à son industrialisation rapide. De grandes sociétés industrielles comme la Compagnie Générale de Télégraphie sans fil crée en 1918 (CSF aujourd’hui Thales), Téléfunken en Allemagne, Général Electric aux Etats-Unis et bien d’autres vont fabriquer : radios, radars, télévisions etc.

En 1947, dans les laboratoires Bell, John Bardeen, Walter Brattain et William Shockley inventent le transistor.

Composant semi-conducteur à l’état solide, capable d’amplifier et de commuter des signaux. Plus petit, plus fiable, plus économe que les tubes à vide, lourds et fragiles, et gourmands en énergie. Il marque le début de l’électronique moderne et des circuits intégrés. Il ouvre la voie à la révolution numérique. A partir de 1960, les transistors et les circuits intégrés remplacent peu à peu les tubes dans tous les appareils électroniques.

 

4 Conclusions

 

De Chappe à Maxwell et Hertz, de Marconi et Branly à nos jours, l’onde électromagnétique a continué à tisser sa toile à travers toutes les grandes transitions technologiques. Noble vecteur de transmission, elle irrigue de nombreuses innovations modernes ou émergentes : télécommunications, connectivité, médecine, énergie, exploration spatiale, robotique, domotique, véhicules autonomes, etc.

Mais après ce voyage de plus de 150 ans dans l’univers des télécommunications n’oublions pas sa nouvelle compagne de route : l’intelligence artificielle, cet esprit mystérieux qui commence à souffler sur le monde.

 

 

 

Samedi 22 mars

Sainte Scholastique, Patronne du Mans

par Michel Haguet

Le survol de 13 siècles d’histoire a permis de découvrir le parcours d’une sainte née en 480 à Nursie (Italie), dans une famille patricienne. Sœur jumelle de saint Benoît, auteur de la célèbre règle bénédictine, elle meurt en 543 et ses reliques arrivent au Mans au VIIe siècle. Rapidement Madame sainte Scholasse suscite un intérêt tout à fait particulier chez les habitants de la province du Maine qui en de nombreuses circonstances se placent sous sa protection, notamment pour se prémunir des catastrophes naturelles et des incendies, n’hésitant pas à l’invoquer pour leurs besoins privés, ceux de la vie communale et parfois nationale.

Au fil du temps, sainte Scholastique obtint la reconnaissance de la vox populi, des autorités civiles et religieuses, plusieurs papes accordant des indulgences aux actes de piété des fidèles.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Manceaux font le vœu, si la ville est protégée d’une destruction programmée par les troupes d’occupation, d’ériger à la sainte municipale, en place publique, une statue commémorative.

La ville ayant été libérée le 8 août 1944 de l’occupant allemand, une statue est érigée sur la façade de l’église de la Visitation, place de la République, le 16 octobre 1949, en présence d’une foule de 10.000 personnes de toutes tendances.

Par la suite, le culte des saints, à l’instar de bien d’autres traditions, souffre à la fois de la déchristianisation et de la crise traversée par l’Église depuis le concile Vatican II (1962-1965). Depuis une soixantaine d’années, les Manceaux ont quelque peu oublié leur sainte Patronne.

Pour ceux qui voudraient suivre ses traces et faire revivre son culte, de nombreuses références se trouvent dans la liturgie, dans la musique, les statues et les vitraux ornant de nombreuses églises ainsi que le révèle l’ouvrage :

Sainte Scholastique - Patronne du Mans, édité par Michel Haguet, en collaboration avec Blandine Delahaye et Philippe Lenoble. En vente à la librairie  Siloë.

Vendredi 28 février

Les séjours sarthois d'Antoine de Saint-Exupéry

par Thierry Dehayes

 

 Antoine de Saint-Exupéry est né à Lyon en 1900. Ses parents Jean de Saint-Exupéry et Marie de Fonscolombe habitent cette ville où le père exerce son activité d’inspecteur des assurances. La famille du côté paternel est d’ascendance noble originaire du Quercy. La branche maternelle est provençale. Le couple et ses enfants évoluent dans un milieu culturel de très bon niveau, ouvert à toutes les formes de l’esprit et de l’intelligence… Madame s’adonne à la peinture au pastel de portraits et de paysages. La musique a également droit de cité. Mais, en 1904, un drame survient : la mort brutale du père foudroyé par une attaque cérébrale sur le quai de la gare de Cogolin (Var). 

On imagine la détresse de la mère, elle a cinq enfants. Elle répond donc à une sollicitation de son beau-père Fernand de Saint-Exupéry qui habite Le Mans, 31 rue Pierre Belon, dans le quartier des Maillets. Elle arrive avec les trois plus jeunes Antoine, François et Gabrielle (la petite dernière), en laissant les deux filles aînées aux bons soins d’une arrière grande tante demeurant à Lyon. La famille s’installe à proximité, dans une maison louée, au 21 rue du Clos Margot. Il faut dire que le grand-père a sans doute préparé leur arrivée en œuvrant pour que les deux garçons soient accueillis au collège des Jésuites, dont les installations sont proches du domicile et la réputation de sérieux incontestable.

Antoine était un gamin attachant mais difficile à manier. Il évoquera plus tard un professeur de français qu’il appréciait car il lui donnait des sujets, sur mesure, choisis pour lui parce que l’élève ne travaillait que ce qui l’intéressait. Il considérait que ce qui avait déjà été traité « écrit dans un livre », ne présentait pas d’intérêt. Il se souvenait aussi d’un enseignant en sciences qui faisait réaliser des expériences dans la cour du collège à l’aide de nitroglycérine faiblement dosée ou qui incitait ses élèves à élever des vers à soie dans leur pupitre. Cela dit, Antoine n’était pas un cancre. Déjà très bon en français et en latin mais pas en orthographe, et, plus étonnant, invariablement mauvais en histoire-géographie et en mathématique.

Le Jardin des Plantes, tout proche, est un autre de ses terrains de jeu favoris. Très rêveur, les animaux (les canards…), les plantes, les arbres…ont à coup sûr retenu son attention au point de lui faire oublier l’horloge qui tourne, d’où sans doute son surnom de Pique-la lune.

Aujourd’hui seules une rue, modeste, et plus récemment, une fresque sur un immeuble du boulevard Demorieux rappellent l’auteur du Petit Prince, mondialement connu...

                              C’est dommage. Peut-être aurait-on pu mieux associer son image à celle du Mans. 

 Gérard Blanchard

Samedi18 janvier

Comment se présentaient nos ancêtres sarthois, il y a 150 ans ?
par Guy Soudjian

Docteur en histoire avec une thèse réalisée sous la direction d’Emmanuel Le Roy Ladurie, portant sur «l’Anthropologie du conscrit parisien sous le Second Empire», Guy-Pascal Soudjian, depuis son installation dans la Sarthe – il fut le proviseur du lycée Montesquieu de 2002 à 2011 et il est l’actuel président de l’Académie du Maine –, a accompli un travail identique pour les conscrits sarthois, aboutissant à une étude, publiée en 2024, chez L’Harmattan, intitulée « Anthropologie du conscrit sarthois à la fin du Second Empire ».

         Il s’agit de l’exploitation statistique des fiches signalétiques des conscrits ayant satisfait au « conseil de révision », donc des hommes âgés de vingt ans, en vue d’en faire une synthèse et d’établir un « portrait type» (taille, couleurs des cheveux, des yeux, situation médicale, familiale, profession, antécédents judiciaires…). Un portrait-type qui, d’ailleurs, varie avec le temps : la taille moyenne du jeune Sarthois évolue, entre 1820 et 1868, de 1,62 m à 1,64 m, du fait notamment d’une meilleure alimentation et d’un meilleur état de santé. La couleur des yeux -bleue- devient plus nuancée, tandis que certaines maladies congénitales disparaissent, du fait du brassage des populations permises par l’arrivée du chemin de fer. On constate des disparités entre les arrondissements, comme c’est le cas dans celui de Saint-Calais, où la situation est moins bonne que dans les autres. La taille moyenne des Sarthois est toujours légèrement inférieure à celle des Parisiens.
          Si cette étude n’a pu, nécessairement, reposer que sur les hommes, l’examen des prénoms a englobé les femmes par le biais des mères des conscrits. Là, il est constaté, quelles que soient les époques et les parties géographiques, des constances de prénoms tirés du calendrier chrétien (Jean, Pierre, Louis, Marie, Anne, Catherine…).


Cet exposé, très vivant et bien présenté, a débuté par une présentation des réglementations sur le service militaire qui a tendu, progressivement à l’égalité entre les conscrits (jusqu’en 1872, il y avait le « tirage au sort » (le « mauvais numéro », c’était un service de sept ans !) avec des possibilités de s’acheter un remplaçant, notamment par la souscription de polices d’assurances, et certaines professions étaient exemptées : instituteurs, prêtres… Ce n’est pas le cas de la Sarthe, mais, dans certaines régions, existaient des « mercenaires », volontaires pour accomplir un ou même deux services de sept ans !

Didier Béoutis.